LA BOMBE ET NOUS - LE FILM

Sommes-nous pris au piège de l’arme nucléaire ?
 

ONU : Traité d’interdiction des armes nucléaires, première séance.

La première séance de la Conférence de l’ONU sur l’interdiction des armes nucléaires a eu lieu aujourd’hui. Ci-dessous des échos de celle-ci retransmis par IDN.

Editorial de Ray Acheson

Le courage est le noeud du Traité d'interdiction

Ce sont des applaudissements qui ont salué l'ambassadrice du Costa Rica Elayne Whyte lors de l'ouverture de la conférence. Clairement il y avait une grande excitation chez les diplomates et les associatifs.

L'ambassadrice Patricia O'Brien d'Irlande en a pointé l'originalité : « ce n'est pas seulement un nouveau traité que nous allons écrire, mais une nouvelle Histoire et ainsi un monde plus stable, plus sur et plus égal pour tous ».

Car c'est le nœud du Traité d'interdiction. Il va être négocié sur la base de courage et d'espoir et non pas de peur et d'inégalité. Nous nous élevons contre la puissance et la violence et allons créer un monde différent, que vous le vouliez ou non !

Le premier jour des négociations ne pouvait pas se passer mieux. De nombreuses délégations sont intervenues (…). Une grande majorité de pays veut un traité de totale interdiction qui couvre un très large spectre d'activités reliées aux armes nucléaires. Et qui ouvre la voie à de futures négociations sur le désarmement nucléaire et des mesures de vérification connexes.

C'est un signe aux pays nucléaires. Nous y croyons. (...)

La plupart d'entre nous avons toujours vécu dans le monde organisé par les pays nucléaires qui disent avoir autorité et pouvoir pour décider quand et où ils élimineront leurs armes nucléaires. Et leurs engagements n'ont mené à rien. Et maintenant l'un des pays avec le plus gros arsenal nucléaire vient même annoncer que le désarmement nucléaire n'est pas forcément un « objectif réaliste » (…). De fait, ces pays ont contrôlé toute évolution depuis si longtemps que quasiment le monde entier pense qu'ils en ont légitimité et droit.

C'est faux.

Lundi matin l'ambassadrice de Trump, juste devant la salle de l'Assemblée générale a voulu déconsidérer les participants à cette négociation . (…) En les accusant de ne pas se soucier de la sécurité de leurs citoyens.   Mais c'est le contraire qui est vrai. Avec le désarmement nucléaire, il s'agit justement de rechercher la sécurité. (…). Comme l'a bien dit l'ambassadeur du Chili Alfredo Labbe, il s'agit d'une initiative « de libération » car les pays nucléaires sont « prisonniers du piège Faustien de la dissuasion nucléaire ».

Car mieux vaut les aider avant qu'une arme nucléaire n'explose quelque part, par accident ou volontairement. L'ambassadeur d'Autriche, Alexander Marschik, l'a dit : « attendre la catastrophe n'est pas une stratégie ».

Ces années passées, les défenseurs du Traité d'interdiction ont été traités d'irréalistes « qui ne comprenaient pas les dimensions de sécurité ». Lundi matin, les pays nucléaires qui faisaient un sit-in devant la salle de conférence le répétaient encore. Mais nous ne sommes ni irréalistes ni ignorant des problèmes de sécurité. Nous n'avons pas les mêmes perspectives. Comme l'a dit Amr Aboulatta, l'ambassadeur d'Egypte, il s'agit pour nous « de sécurité collective et non pas de sécurité sélective ».

Et nous comprenons aussi comment les choses changent. Cela se passe « quand la gêne de faire du nouveau est moindre que de ne rien faire », dixit ambassadeur O'Brien. L'idée d'un traité d'interdiction crée déjà une gêne dans les pays nucléaires et leurs alliés. Son élaboration et son entrée en vigueur provoquera une transformation des politiques nucléaires et des pratiques. C'est seulement une question de temps.

 

 

Un monde sans arme nucléaire est possible, en France, pour accélérer ce temps dont parle l'ambassadeur d'Irlande, l’ouverture d’un grand débat public est nécessaire, incitez vos amis à soutenir « La Bombe et Nous » en souscrivant sur :

 

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Il reste jusqu’au 31 mars !

Sans eux nous ne serions pas là !

Si, à Reykjavic en 1986 il s’en ait fallu d’un cheveux pour que nous soyons débarassés des armes nucléaires, nous sommes plus souvent passés à un cheveu de la catastrophe. Nous devons à quelques hommes qi ont fait preuve d’un sang froid et d’un discernement peu communs d’avoir évité un holocoste nucléaire. Trois sont connus, un ou deux autres ne le sont pas mais les « incident » le sont. Il y en a sansdoute quelques autres que nous connaitrons lorsque le « secret défense » sera levé sur l’évènement et qu’un journaliste fouineur ait pû satisfaire sa curiosité…

 

Boris Eltsine. Moscou, le 25 janvier 1995, il est informé que les radars russes ont détecté  un missile qui pourrait être annonciateur d’une attaque généralisée. Il lui reste 8 minutes pour décider. Du fait de la situation politique l’attaque lui parait improbable, il décide de ne pas riposter. En réalité il s’agissait d’une fusée-sonde lancée par  une équipe de scientifiques norvégiens et américains depuis la côte nord-ouest de la Norvège. Elle a suivi pendant un temps la trajectoire qu’aurait pu avoir un missile américain. Son lancement avait été annoncé aux Etats concernés mais l’information n’avait pas été transmise à la station d’ Olenegorsk. La fusée est tombée près de l'archipel du Spitzberg, 24 minutes après son lancement

 

Le commandant Stanislas Petrov dirigeait la base de Serpoukhov. Le, 26 Septembre 1983, dans une période d’extrême tension entre les USA et l’URSS, les radars de la base de surveillance détectent une attaque de missiles américains. Il estime que l’image, 5 spots sur les écrans n’est pas celle d’un attaque nucléaire qui serait caractérisée par des centaines de spots. Il indique qu’il s’agit d’une fausse alerte. Il avait raison. La détection thermique des satellites avait confondu le dégagement de  chaleur d’un missile avec les rayons du soleil couchant se reflétant sur les nuages.

 

L’officier en service à la base Cheyenne Mountain (Colorado). Le 9 novembre 1979, l’ordinateur au quartier général du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord annonce une attaque massive de missiles soviétiques. Le dispositif de riposte se met immédiatement en place. L’officier  prend contact avec les stations de radars connectés à l’ordinateur. Aucune n’a détecté quoi que se soit ! Un technicien avait introduit par erreur dans l’ordinateur une bande magnétique simulant une attaque destinée à des exercices d’entrainement

Toujours à Cheyenne Mountain, un an plus tard, en juin 1980 nouvelle alerte. Le dispositif de riposte est activé comme la fois précédente. Les « Minuteman » sont prêts à partir, les bombardiers à décoller. Le nombre de missiles détectés est différent suivant les écrans : 2, 200, ou zéro ! Mais les satellites de surveillance ne détectent aucun lancement. En réalité cette incohérence du nombre de missiles détectés était due à un composant électronique défaillant . L’identité des officiers qui prirent la bonne décision  n’a pas été dévoilée.

 

Vassili Arkhipov. On a frôlé l’holocauste nucléaire lors de la crise de Cuba (1962). Mais cela n’est pas grâce à Kennedy ni à Kroutchev qu’il fut évité. Un sous marin soviétique B59 patrouillait autour de Cuba. Il était équipé de torpille nucléaire, les américains l’ignoraient. Le 27 octobre, pour l’obliger à faire surface la flotte US le bombarda de grenades d’exercice, inertes. Le commandant Savitsky crut à une attaque réelle et décida de riposter en lançant la torpille nucléaire sur le porte-avions géant Randolf. Pour ce faire il fallait l’accord de 3 officiers à bord. Seul Arkhipov refusa, évitant ainsi un nouveau Pearl Harbour, début d’une troisième guerre mondiale, nucléaire cette fois-ci.

Soutenez la sortie du film « La Bombe et Nous » en indiquant à vos amis l’adresse de la souscription : :

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Un monde sans arme nucléaire ?... …. ne loupons pas cette deuxième occasion !

Nous le savons maintenant, à Reykjavic, en 1986, Reagan et Gorbatchev furent à un cheveu de conclure un accord sur un désarmement nucléaire total. Le journaliste Guillaume Serina a reconstitué à partir de documents déclassifiés, des mémoires des intéressés et d’entretiens particuliers cette rencontre qui aurait pu aboutir à l’éradication des armes nucléaires en 1996. [1]

Bien avant d’être Président Reagan exprimait déjà sa profonde aversion pour la bombe atomique : « Nous vivons dans un monde où les grandes puissances ont pointé sur les autres d’horribles missiles de destruction, des armes nucléaires qui peuvent, en quelques minutes, atteindre le pays et détruire quasiment le monde civilisé… »

Du côté soviétique on ne connait pas les sentiments de Gorbatchev concernant l’arme atomique, mais la mission que lui ont confié le Bureau Politique et le Comité Central est claire : « Considérant les problèmes du désarmement nucléaire, la position initiale de l’Union Soviétique est que le résultat final de toute mesure dans ce domaine doit être l’élimination complète des armes nucléaires. En allant dans cette direction nous devons nous assurer d’une sécurité égale des deux côtés. »

Après la première rencontre de Genève entre les deux hommes (nov 1985), deux autres sont programmées l’une à Washington, l’autre à Moscou. Mais Gorbatchev anticipe en proposant une rencontre « informelle » en terrain neutre, à Reykjavic. Celle-ci a lieu les 9 et 10 octobre 1986. Les deux délégations ont sincèrement la volonté d’aboutir à un accord qui serait officialisé à Washington.

La discussion démarre sur ce qui semblait faire consensus à Genève : la réduction de 50% des armes stratégiques.[2]Après un exercice de décompte acrobatique Gorbatchev propose de généraliser la diminution de 50 % à tout l’arsenal nucléaire, missiles balistiques, avions, sous-marins. Georges Schultz, ministre des affaies étrangères intervient en faveur de cette proposition. En ce qui concerne les missiles à moyenne portée Gorbatchev propose leur élimination totale en Europe (Pershing et SS 20) et concède de le faire sans tenir compte de l’arsenal britannique et français. Un désaccord subsiste sur les missiles stationnés en Asie et sur la prorogation du traité ABM interdisant la mise en place d’un système antinucléaire défensif qui romprait l’équilibre des forces. Ce dernier point contrarie fortement Reagan qui a lancé le programme de recherches « IDS », la guerre des étoiles, censée établir un bouclier anti-missile par destruction des fusées adverses par des lasers portés par des satellites. Beaucoup de scientifiques américains estimaient le projet irréalisable techniquement et financièrement, les soviétiques qui avaient aussi envisagé le projet l’avaient finalement abandonné. Mais Reagan s’était fortement engagé en sa faveur au cours de sa campagne électorale. Gorbatchev propose que les recherches concernant l’IDS se cantonnent au laboratoire durant un certain temps.

Sur questionnement de Gorbatchev Reagan finit par donner son accord à l’option zéro en Europe si une solution est trouvée concernant les missiles en Asie. Il propose de partager l’IDS avec l’l’URSS, ce que Gorbatchev ne prend pas au sérieux.

Tout va se jouer le deuxième jour de la rencontre. La délégation soviétique est soudée autour des propositions de Gorbatchev : réduction de 50% des arsenaux nucleaires américains et soviétique en 5 ans, retrait des missiles en Europe, négociations sur les missiles en Asie et, élimination totale des armes nucléaires les 5 années suivantes. Pendant ces dix ans les expérimentations « IDS » seront cantonnées en laboratoire.

La délégation américaine est divisée. Schultz est pour la signature d’un accord mais finalement se rallie à la position des autres conseillers de ne pas céder sur l’ »IDS ». Le texte US présenté en final est extrêmement proche du texte soviétique mais le mot « laboratoire » n’y figure pas, volontairement. Reagan argue que les expérimentations ne peuvent pas être toujours menées en laboratoire, Gorbatchev déclare que la militarisation de l’espace est inacceptable pour l’URSS. Ce fut la pierre d’achoppement sur laquelle échoua cette rencontre.

Les deux délégations quittèrent Reykjavic avec une profonde amertume et le sentiment d’avoir loupé de très peu un accord de portée historique qui aurait changé la face du monde.

Le projet « IDS » fut abandonné par le gouvernement des Etats Unis en 1996.

Le 27 mars débutera la conférence décidée par l’ONU en vue d’aboutir à l’interdiction des armes nucléaires et leur élimination totale. Trente et un ans séparent cette conférence de la rencontre de Reykjavic. Le gouvernement français est hostile à cette conférence, vraisemblablement n’y participera pas mais travaillera à son échec. Ne loupons pas cette deuxième occasion !

 

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[1] Guillaume Sérina « Reagan Gorbatchev, Reyjavic 1986 : le sommet de tous les espoirs », Ed « l’Archipel », 2016

[2] Arme nucléaire conçue pour attaquer des cibles ennemies très intéressantes situées généralement à très longue portée, souvent intercontinentale. Elles sont généralement prévues pour frapper les forces nucléaires stratégiques ennemies et leurs infrastructures, ainsi que les centres industriels et de population. Les armes nucléaires stratégiques sont généralement transportées par des missiles balistiques à longue portée. Voir aussi missile balistique intercontinental (ICBM) et missile balistique lancé par sous-marin (SLBM).

La Bombe et 50 années de cinéma

La Bombe et 50 années de cinéma.

 

L’examen des films est toujours révélateur. La guerre froide a inspiré beaucoup de films illustrant la « menace » d’un ennemi pour justifier une politique belliciste et faire tourner à plein régime les industries d’armement. Hormis ces films de propagande un certain nombre de films sérieux sont néanmoins sortis. Sérieux ne veut pas dire triste comme l’illustre le premier qui a fait date, le « Docteur Folamour ». La plupart des autres sont des docu-fictions qui n’étaient pas destinés à une sortie en salles -- Le petit cercle d’un spectacle télévisé se prête beaucoup moins au débat que l’assistance d’une salle obscure….-- mais ils se sont échappé de la télévision, soit en réaction contre une censure inadmissible, soit pour transformer leur succès télévisuel en succès commercial.

Les films sont anglais, américains, quelquefois japonais mais l’absence quasi-totale de film français est éloquente sur l’omerta régnante dans notre pays. C’est un silence qui en dit long et que « La Bombe et Nous » souhaite rompre.

1964 Dr Folamour (Dr Strangelove) de Stanley Kubrick.

« Comment arrêter un bombardier américain parti par erreur larguer ses charges nucléaires sur l'URSS ? Le président des Etats-Unis prend les choses en main pour corriger la bourde d'un général belliciste à l'extrême. Il faut se remettre dans le contexte de la guerre froide pour apprécier l'ironie mordante de Kubrick. Si, au début des années 1960, Hollywood produit plusieurs films décrivant les possibles engrenages menant à un conflit nucléaire, Docteur Folamour est le seul à traiter le sujet avec le sourire crispé du condamné en sursis, conscient d'être conduit à la catastrophe par un troupeau d'irresponsables ».Télérama  Aurélien Ferenczi

1965  Aux postes de combat (Bedford Incident) de James B. Harris avec  Richard Widmark. Inspiré d’un épisode de la crise de Cuba. Un destroyer de guerre américain localise un sous-marin soviétique aux abords des cotes danoises. Le navire lui donne la chasse et tire, par inadvertance, un missile nucléaire sur le submersible.

« Le film se démarque des habituels films de propagande américain et montre la vérité sur le jeu dangereux auxquels se livraient russes et américains. Une réalisation soignée avec les petits détails qui vont biens, un bon suspense (du moins si on n'a pas lu le synopsys), un Richard Widmark impeccable de froideur… »  (Un spectateur)

1965 La Bombe (The war game) de Peter Watkins.

La BBC avait demandé à Peter Watkins de réaliser une simulation crédible des lendemains d'une attaque nucléaire sur l'Angleterre, hautement d'actualité en 1965

À partir de données recueillies à Hiroshima et Nagasaki, et d'autres lieux de bombardements intensifs, tels que Dresde, Darmstadt et Hambourg, il  essaye d'imaginer ce que provoquerait une attaque nucléaire sur l'Angleterre.

Le film est débattu au Parlement et au sein du gouvernement, et la chaîne justifia finalement l’interdiction du film sur des critères… de qualité. Une lacune du contrat de production permit au film de tout de même sortir en salles. Il fut récompensé du prix spécial du Festival de Venise, d'un Oscar du meilleur documentaire et consacré meilleur court-métrage par le BAFTA[1] 

 

La plupart des films qui sont sortis par la suite sont des films catastrophe de fiction où la bombe atomique ne joue qu’un rôle secondaire. Il faut attendre 18 ans,  la crise des euromissiles, pour avoir à nouveau, à partir des années 80, des films traitant de la menace nucléaire, dans le contexte de la guerre froide.

1983 Le jour d’après (The day after) de  Nicholas Meyer Téléfilm américain qui fut finalement aussi diffusé en salles. L’annonce du déclenchement des hostilités entre les troupes de l’OTAN et celles du pacte de Varsovie, en République Fédérale d’Allemagne, provoque la panique  générale. Les missiles balistiques intercontinentaux commencent t à s’élancer vers le ciel sous le regard impuissant des passants. Il est alors précisé qu’il ne reste plus que trente minutes avant que les Soviétiques ne soient frappées. Une famille de fermiers de Harrisonville transforme sa cave en abri. Ceux qui ont échappé au bombardement sont alors observés dans leur lutte pour survivre face aux conséquences de cette attaque massive

 

1984 Threads  de Mick Jackson

Téléfilm anglais de fiction. Il décrit les effets d'une guerre nucléaire au Royaume-Uni et ses conséquences sur la population. Le récit se concentre sur deux familles de Sheffield et commence deux mois avant l'attaque nucléaire. Le spectateur peut voir leur façon de vivre ainsi que leurs réactions lors du déclenchement des hostilités et son escalade apocalyptique. Il pourra suivre la manière de réagir des membres des deux familles, ainsi que leur décès, de même que les conséquences médicales, économiques, sociales, et écologiques d'une guerre nucléaire.

 

1987, Le Voyage (The journey) de Peter Watkins  Film documentaire de 14 H 30.

« Avec les photos d’Hiroshima sous le bras, Peter Watkins rend visite à des familles et des communautés concernées dans 13 pays sur les 5 continents. Au fil des images nous comprenons les manipulations politiques et médiatiques de l’information sur l’armement nucléaire et ses conséquences dramatiques sur la planète et ses populations. Qu’en est-il de la course aux armements à travers le monde ? De la désinformation permanente des médias ? De l’absence de toute formation critique dans le système éducatif ? » (d’après « Les Mutins de Pangée ».)

1989 Pluie noire (Black Rain) » d’Imamura

Le film commence à Hiroshima le 6 août 1945. Après la description très crue de l’horreur dans la ville bombardée le film se focalise sur Yasuko, la nièce de la famille Shizuma.  Au moment de l'explosion, elle était sur un bateau, en route vers la maison de son oncle. Une pluie noire s'abat sur la mer et sur les passagers. Ceux que cette pluie a touchés, souillés, ne savent pas encore qu'ils ont été contaminés.

Quelques années plus tard, Yasuko vit à la campagne avec son oncle et sa tante. La guerre est finie, la vie a repris ses droits mais la famille  Shizuma porte la mort en elle, l'«éclair» l’a touchés. Un mal invisible fait dépérir jour après jour, et  endeuille à intervalles réguliers le petit village au centre de l’intrigue. Un seul espoir: la nièce, Yasuko, qui n'était pas à Hiroshima. Mais tous les prétendants s’écartent de  Yasuko . On craint sa maladie. Les survivants d’Hiroshima sont devenues les hibakusha.

Prix spécial au Festival de Cannes 1989, consacré meilleur film par Nippon Akademī-shō et par : Kinema Junpo Awards en1990.

 

La fin de la guerre froide tarit la source des films sur la bombe atomique, à une exception près 

Jéricho, série TV américaine de Stephen Chbosky et Jon Turteltaub, diffusée à partir de 2006 en 29 épisodes par CBS. La menace n’était plus soviétique, mais terroriste. Des bombes nucléaires explosent dans 23 villes importantes des USA, dont Washington. Il s’ensuit un récit de politique-fiction. Les États-Unis sont divisés en plusieurs gouvernements. Le film s’attache à la façon dont les habitants d’une petite ville,. Jéricho, tentent de survivre. CBS interrompit la série en 2008

 

 

 

2009 Gerboise bleue Documentaire franco-algérien de Djamel Ouahab

Enfin un film en partie français… ½ siècle après les évènements ! L’histoire de militaires français et de Touaregs algériens impliqués dans les premiers essais atomiques dans le Sahara de 1960 à 1966.

 « Pour la première fois, les derniers survivants témoignent de leurs combats pour la reconnaissance de leurs maladies, et révèlent dans quelles conditions les tirs se sont véritablement déroulés. Pour la première fois, je me rends sur le point zéro de Gerboise bleue, premier essai atomique français en atmosphère quatre fois supérieur à Hiroshima, interdit d'accès depuis 47 ans par les autorités algériennes1. » ( Djamel Ouahab)

 

2011 Noir océan belgo-allemand de Marion Hänsel

Trois jeunes garçons à bord d’un navire de la Marine française en 1972, participent aux essais nucléaires à Mururoa, dans le Pacifique, inconscients des dangers qu’ils encourent et des effets dramatiques pour notre planète.

 

2016 La commande de l'arme nucléaire.

Téléfilm français …de propagande de Bruno Tertrais, Jean Guisnel et Stéphane Gabet, très « rassurant », plaidoyer pour le concept de « dissuasion » passée dans l’émission  « Le monde en face » de Marina Carrère d’Encausse sur « La 5 » le 22 mars 2016.

 

2017 « La Bombe et Nous » ?

Cela dépend de vous !

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[1]  BAFTA :British Academy of Film and Television Arts (

La bombe et Trump

Donald Trump est l’homme le plus puissant du monde. On dit qu’il est imprévisible, que c’est un personnage fantasque. Concernant l’arme nucléaire ceci est d’autant plus inquiétant qu’il est la seule personne aux USA qui peut décider « d’appuyer sur le bouton ». Personne d’autre ne peut le faire, personne ne peut s’opposer à sa décision, aucune disposition n’existe relative à un Président victime d’une maladie mentale.

 

Dissémination de la bombe ?

En mars 2016, alors candidat, il indiquait qu’il autoriserait, face à la Corée du Nord, le Japon et la Corée du Sud à développer leur propre arsenal nucléaire dans l’objectif de diminuer le coût du parapluie nucléaire américain. Jeffrey Lewis, directeur de programme de Non-prolifération de l’est Asiatique critiqua violement cette position qui inciterait les autres alliés des USA à demander le même traitement, particulièrement au Moyen-Orient .

A-t-il abandonné cette idée ?

Utilisation de l’arme atomique ?

En avril 2016 le candidat Trump, face au journaliste Chris Matthews déclarait qu’il n’hésiterait pas à utiliser l’arme nucléaire au Moyen-Orient et en Europe.

A-t-il abandonné cette idée ?

Relance de la course aux armements.

Le 8 novembre 2016 il « tweet » sur un renforcement de l’arsenal nucléaire US. (Le Pentagone estime son coût à 960 milliards d’€ sur 30 ans). Son porte-parole a démenti, sous forme de « précision ». Mais le candidat a déclaré à une journaliste de la chaine MSNBC : « Faisons une course aux armements ! Nous les surclasserons à chaque passe et nous leur survivrons. »

Qui dit la vérité ?

La seule solution véritable est l’option zéro arme nucléaire. Que se tienne, comme l’a décidé l’ONU une conférence en 2017 visant à rendre l’arme atomique illégale. Mais le gouvernement français, comme tous ceux liés à l’OTAN, Pays Bas excepté, est contre. Nos candidats aux présidentielles n’en parlent pas dans leurs programmes, nous n’avons jamais été consultés. Il faut ouvrir ce débat, il faut que le film « La Bombe et Nous » sorte. Aidez-le en indiquant la souscription à vos amis :

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(souscription possible à partir de 5€)

"La Bombe et Nous" a sa page Face Book !

Vous pouvez évidemment avoir des nouvelles du film, de la souscription en cliquant sur le site de La Nef :

https://www.zeste.coop/fr/decouvrez-les-projets/detail/la-bombe-et-nous-le-film

vous pouvez, a partir de là, cliquer sur le maillon à la gauche de la bande-annonce, en haut, ou à droite des "Contreparties" en bas et vous arrivez sur la site de la coopérative DHR où vous trouverez également des informations sur ses autres production. Si vous cliquez sur l'onglet "En savoir plus" vous arriverez sur la page "Face Book" du film où vous aurez  d'autres informations sur les initiatives des organisations qui militent pour l'abolition de l'arme atomique

Vous pouvez aller directement sur le site de DHR : 

http://coopdhr.free.fr/

ou sur la page Face Book : 

https://www.facebook.com/la.bombe.et.nous/

Bon voyage !

La bombe et la démocratie, le soutien du Mouvement de la Paix

Bien que son logo ne figure as encore sur le site le Mouvement de la Paix nous a accordé son soutien. Il est à l'origine d'un sondage, réalisé en 2012 mais confirmé par un récent sondage d'IDN qui en dit long sur la Bombe et la Démocratie :

 

La Bombe et la démocratie.

 

 Deux sondages, à cinq ans de distance, ce sont les seuls éléments dont nous disposons concernant l’opinion de nos concitoyens sur l’arme nucléaire. L’un a été réalisé par l’IFOP en 2012 à la demande du Mouvement de la Paix sur un échantillon représentatif de 984 personnes selon la méthode des quotas. L’autre fin 2016 sur un échantillon représentatif de 1073 personnes par « Opinion Way » à la demande d’ »IDN » (Initiative pour le désarmement Nucléaire), également selon la méthode des quotas.

Pas de débats au Parlement qui vote pourtant chaque année les budgets militaires, pas de débats publics, pas même lors des élections. Les candidats aux présidentielles n’en souffle mot, ni dans leurs meetings ni dans leurs shows télévisés, les candidats à la députation sont encore plus discrets.

 

Désarmement général

L’opinion des citoyens

En 2012 le Mouvement de la Paix a posé  aux français(es) la question suivante : « Etes-vous favorables ou pas favorable à ce que la France s’engage dans un processus de convention internationales d’élimination totale et contrôlée des armes atomiques déposée auprès de Nations Unies ? »

La réponse était « favorables à 81% »

En 2016 IDN demande « L’Assemblée générale de l’ONU se prononce dans quelques semaines sur une résolution afin de préparer et de négocier un Traité d’interdiction des armes nucléaires en 2017 (…) Selon vous ce Traité d’interdiction des armes nucléaires est-il favorable ou pas favorable à la paix et à la sécurité mondiale ? »

La réponse a été « favorable » à 71%.

Les actes de nos « représentants »

En 1997 une première Convention relative aux armes nucléaires, est adoptée par l’ONU en tant que document de réflexion. En 2007 une révision de celle-ci vise à l’élimination totale des armes nucléaires suivant un processus déterminé. Elle est soutenue par 127 Etats.

Notre « représentant » vote contre

 

En octobre 2016 123 Etats votent, en commission, pour le tenue d’une conférence en 2017 visant à rendre les armes nucléaire illégales.

Notre « représentant » vote contre.

L’opinion des citoyens

Après le vote négatif de la France en commission 74% des français estiment nécessaire qu’elle révise sa position. 51% des français sont en faveur d’un vote de cette résolution portée par 123 Etats. (2016)

 

Les actes de nos « représentants »

Notre « représentant » confirme son vote précédent,

 malgré une pétition organisée par IDN recueillant près de 26 000 signatures en quelques jours.

Renouvellement et modernisation des armes atomiques

L’opinion des citoyens (2012)

64% des français sont opposés au renouvellement et à la modernisation des armes atomique (sous-marin, missiles etc…)

Les actes du gouvernement

Depuis 2015 tout l’arsenal nucléaire français a été renouvelé : Nouvelles têtes nucléaires TNO, nouveaux missiles M 51, nouveaux sous marins SNLE-NG, nouveaux avions Rafales, nouveaux missiles aéroportés ASMP-A, nouvelle tête aéroportée TNA.

Réduction des dépenses militaires

L’opinion des citoyens. (2012)

73% des français souhaitent la réduction des dépenses militaires

Les actes du gouvernement

En dollars constants la tendance est à la baisse jusqu’en 2015 du fait d’une réduction des effectifs. Il augmentera en 2017. Depuis 2014 Le nucléaire a été « sanctuarisé »par François Hollande. Il est annoncé en augmentation de 67 % d’ici à 2030

Débat public

La volonté des citoyens. (2012)

« que le sujet des dépenses militaires et du budget à attribuer à la Défense Nationale  dans les prochaines années soit davantage présent dans le débat public et notamment abordé par les candidats à l’élection présidentielle ? »

Ils répondaient « OUI » à  78%.

La réalité

Pratiquement pas abordé en 2012, le sera-t-il davantage en 2017 ?

 

En ce qui concerne le nucléaire militaire il est clair que nos « représentants » ne nous représentent pas ! Nous vivons dans une « démocratie représentative » mais en l’occurrence notre gouvernement fait le contraire de ce que le peuple veut. C’est pourquoi le sujet est tabou. Cependant peut-on qualifier de démocrates des citoyens qui ne font rien pour qu’il en soit autrement  pour briser ce tabou ?

Notre film a cette ambition…à condition qu’il sorte en salles. D’après la proportion indiquée plus haut le film devrait être soutenu à ce jour par un grand nombre de  souscripteurs. Nous en avons moins de 30 !

 

Vous avez certainement des amis ou des proches qui font partie de ces 78%. Informez-les de ce projet, ils peuvent souscrire à partir de 5 €

Témoignage

Témoignage de Céline Houdoin.

Le 9/02/2017

 

 

            Je suis la fille d’un vétéran de la guerre d’Algérie, irradié à deux reprises lors des essais nucléaires français. Je suis aussi la mère de trois enfants.

           

            Mon père ne connaissait pas les risques de telles expositions sur sa santé, et encore moins sur celle de ses enfants, sinon il aurait fait des pieds et des mains pour ne pas y participer.

           

            Ma famille, surtout mes enfants et moi-même, est concernée par de nombreux problèmes de santé. Il s’agit de malformations congénitales (du rein, de la moelle épinière), de fausses-couches, de maladies du sang, de problèmes dermatologiques, de maladies rares, d’infections à répétition, d’une maladie auto-immune et de toutes sortes d’autres symptômes étranges…

           

            Il est tout à fait vrai que ces problèmes de santé peuvent arriver à tout le monde. Oui, c’est certain. Pris isolément, ces symptômes et pathologies ne veulent rien dire de particulier. Par contre, que tous soient présents au sein d’une même famille devient tout de suite plus suspect.

           

            C’est encore d’avantage suspect quand on voit que ce quotidien rythmé par des problèmes de santé est le lot commun d’un grand nombre d’enfants de vétérans des essais nucléaires, de travailleurs militaires ou civils du nucléaire, des populations algériennes et polynésiennes proches des lieux des essais nucléaires, des enfants de personnes irradiées en somme.

           

            Les trop rares études sur ce sujet expliquent qu’en cas d’irradiation des gonades, des altérations de l’ADN peuvent survenir. Ces altérations sont transgénérationnelles. Elles peuvent aussi sauter une ou plusieurs générations. Et nous sommes près de 70 % de descendants de vétérans des essais nucléaires à présenter un handicap et/ou une ou plusieurs maladies impactant notre quotidien.

           

            C’est un vrai problème de santé publique qui concerne tout le monde. Et oui, mes enfants feront peut-être le choix d’avoir des enfants plus tard…

 

Céline Houdoin anime le pôle santé des vétérans des essais nucléaires, elle est joignable sur :

polesante.evn@gmail.com

 

10%, qui connait le cas de Semipalatinsk ?

Nous en sommes à 3880 € grace à 23 souscripteurs. Merci à eux. Cependant il nous reste 48 jours et nous n'avons pas collecté 10% de l'objcetif final ni même le quart du premier palier. Merci d'activer vos réseaux, nous en avons vraiment besoin. La plupart des gens ont perdu de vue les conséquences réelles d'une explosion atomique. La bombe a été banalisée à un tel point que les chefs d'Etat et les aspirants chefs d'Etat en parlent presque comme d'un pétard. Ont-ils conscience que celui qui l'emploierait resterait dans l'Histoire comme l'auteur du plus grand crime contre l'Humanité qui soit ? En ces temps de relance de la course aux armements et de tensions internationales il est bon de le leur rappeler. L'expérience de Semipatinsk est à méditer.

Dans cette région du KAZAKHSTAN, proche de la Sibérie, il y a eu de 1949 à 1989, 456 essais atomiques, d’abord aériens pour une centaine puis souterrains à partir de 1963. Il y avait 200 000 habitants dans le polygone des essais mais 1,5 millions d’individus sont aujourd’hui reconnus comme victimes des essais nucléaires. Cette tragédie –ce calvaire pour les plus atteints- dure depuis 67 ans et n’est pas près d’être terminée. La dose moyenne d’irradiation est très élevée autour de 1,8 Sv, soit 1800 fois plus élevée que la dose admissible pour la population. En fait, les plus grandes irradiations ont eu lieu en 1949, mais il reste une radio contamination importante, hétérogène, aujourd’hui.

 

En 1990, à l’époque de la « gladsnost », et 41 ans aprèsles premiers essais une étude assez complète fut publiée par le Dr Balmukhanov, membre de l’académie des sciences médicales et président pour le Kazakhstan de l’Association Internationale des Médecins pour la Prévention de la Guerre Nucléaire. Son étude porte essentiellement sur l’état sanitaire de la population de 3 régions irradiées et contaminées comparativement à 2 régions témoins. Il rapporte :

 

  • Une augmentation de maladies de la peau s’apparentant à la pellagre sur les parties découvertes de la peau, dystrophie des ongles, et chez les jeunes, chute irrégulière des cheveux. (fréquence multipliée par 5 à 20.)
  • Cinq à six fois plus de cas d’asthénie (fatigue générale) et d’hypotension.
  • Une moindre résistance aux maladies infectieuses
  • Un vieillissement accéléré. Cinq à six fois plus de cas de cataractes, une apparition précoce d’artérioscléroses.
  • Des cas de retard intellectuel 2 à 5 fois plus fréquents que dans l’ensemble du pays. Le rapport posait à ce sujet une question angoissante : cette arriération mentale sera-t-elle ou non héréditaire ?
  • Un niveau élevé de malformations congénitales et un accroissement de la mortalité infantile (enfants de moins de 15 ans).
  • Deux fois plus de cancers de la rétine.

 

En 2014, 24 ans après cette première étude, les Médecins Pour la Prévention de la Guerre Nucléaire tinrent leur congrès à Astana (Kazakhstan), avec un recul de 65 ans par rapport au premier essai atmosphérique et 25 ans après la fin des essais. Deux séances furent consacrées au cas de Semipalatinsk. On a pu ainsi comparer l’état sanitaire de 3 générations : celle née avant les essais, celle des essais atmosphérique qui a subi une forte irradiation et celle des essais souterrains qui a subi surtout la radio contamination. Le docteur Abraham Béhar résume ainsi la situation :

 

Les “radionucléides“ retrouvés aujourd’hui sont : le plutonium, l’américium, le césium et le strontium, probablement d’autres en fait non mesurés. Compte tenu de l’ancienneté de la pollution atomique, on ne retrouve pas d’iode radioactif, ce qui est logique égard à sa durée de vie courte.

 

Quelles sont les conséquences sur la santé des 3 générations vivantes sur la zone ?

 

  • Il s’agit d’abord des maladies radio induites classiques : La fréquence des cancers, par rapport à une population « normale », non irradiée est :

o   2,55 fois plus forte pour le cancer du poumon

o   2,32 fois plus forte pour le cancer de l’estomac

o   2,31 plus foret pour le cancer du sein

o   2,09 fois plus forte pour le cancer de la peau.

 

Comparés aux survivants d’Hiroshima le classement est diffèrent, surtout les 2 derniers mais la radio induction est classique.

 

  • Il y a aussi des maladies spécifiques à ces essais soviétiques :

o   L’alopécie des sujets jeunes (moins de  35 ans). Ceci n’a pas été observé dans les autres lieux d’essais nucléaires, mais on est ici dans le cadre de très fortes doses délivrées à la population.

o   Des maladies cardio-vasculaires (surtout infarctus du myocarde), mais on le retrouve aussi en Biélorussie, après Tchernobyl et chez les vétérans des essais nucléaires français.

o   Reste une énigme pas d’excès de cancer de la thyroïde, même tardif. Une hypothèse plausible pour cet étrange résultat : les cancers de la glande thyroïdienne n’ont pas été recensés dans la période 1949/1967.

 

Mais l’élément le plus important de ce congrès fut sans doute un début de réponse à l’angoissante question du caractère héréditaire des dommages subis par l’irradiation. Il vint de l’étude de la fréquence des mutations des ADN mini-satellites, ceux-là mêmes utilisés pour identification dans les enquêtes policières, comparativement à celle de population non irradiée.

 

  • D’un côté, les dommages directs sur les chromosomes du type cassure ou translocations ne sont pas retrouvés, ce qui est cohérent avec le  niveau de radioactivité actuelle dans cette région
  • De l’autre côté, et ceci est démontré pour la première fois, il existe une fréquence élevée et significative de mutations dans la lignée germinale,(cellules de la reproduction sexuée) sous forme d’anomalie des “mini satellites“ particulièrement sensibles aux intrusions agressives venant de l’environnement dans notre organisme.
  • Mais, constatation fondamentale, ce stigmate n’est pas héréditaire : Car il est le plus fréquent sur la deuxième génération, née avec les essais atmosphériques par rapport à la première génération née avant. Or à la troisième génération, celle des essais souterrains, la fréquence diminue très significativement.

 

Pour la première fois, un trouble persistant de nos moyens de défense, autrement dit une vraie pathologie de l’environnement, est démontré en cas de radio contamination chronique d’une population. On a depuis fait le même constat autour de Tchernobyl.

Nous sommes donc au début de la caractérisation particulière des gens vivants sous radio contamination continue.

Pas de crise pour la bombe !

Le 23 janvier IDN (Initiatives pour le Désarmement Nucléaire) tenait un colloque international dans les locaux de l'Assemblée Natinal intitulé "Vers une nouvellr course aux armements ?"

J'ai voulu, après celui-ci, mesurer où on en était. A mon avis on peut retirer le point d'interrogation. Un retour sur ces 8 dernières années est éloquent.

Restrictions budgétaires partout et pour tous. On taille dans les budgets sociaux, l’éducation, la santé, le logement, on laisse les gaz à effet de serre s’échapper librement, c’est la crise, le poids de la dette, il faut faire des choix…Une seul exception : le budget militaire, en particulier le nucléaire annoncé en forte augmentation par toutes les grandes puissances. Retour sur les 8 dernières années.

Tout a commencé par un discours de Paix…

5 avril 2009. Discours de Barack Obama à Prague. Il appelle à un monde de « paix » et de « sécurité » « dans un monde sans armes nucléaires »Mais, ajoute-t-il, le désarmement doit être conduit par les USA.

…un geste de Paix…

17 septembre 2009 : le même Barack  Obama annonce l’abandon du projet « d’un bouclier antimissiles » installé en Europe de l’est, lointain héritier du dispositif de « Guerre des étoiles » de Reagan. Il est remplacé par un dispositif  destiné à se protéger des ambitions nucléaires de l’Iran. Satisfaction de la Russie qui craignait une rupture de l’équilibre des forces.

… et un accord de désarmement.

8 avril 2010 : signature, largement médiatisé, du traité « New Start  » qui prévoit de diminuer d’un tiers les têtes nucléaires et de la moitié les missiles dans chaque camp, américain et russe.

Bien que modifié le « bouclier antimissile » n’est pas abandonné

Novembre 2010, sommet de l’OTAN, Lisbonne. Le bouclier anti-missile aura bien une composante terrestre avec des missiles en Roumanie et en Pologne.

La Russie réagit

Février 2012. Dans un article du quotidien “Rossiïskaïa Gazeta” Vladimir Poutine annonce un effort  sans précédent de 590 milliards d’euros pour l’armement, en particulier le nucléaire.

 « Au cours de la prochaine décennie, plus de 400 missiles balistiques intercontinentaux, 8 croiseurs sous-marins lance-missiles stratégiques, près de 20 sous-marins polyvalents, plus de 50 navires de surface, une centaine d’d’appareils spatiaux militaires équiperont l’armée russe »

Après hésitation la France approuve le bouclier.

Mai 2012, sommet de l’OTAN, Chicago. Le président Hollande se déclare favorable au Bouclier antimissiles, alors que le candidat Hollande y était opposé.

La modernisation se poursuit.

Janvier 2014 Selon le Pentagone la Chine a testé  un engin hypersonique volant à plusieurs fois la vitesse du son, une technologie destinée à permettre à l’avenir de frapper rapidement des cibles éloignées. Avec cet essai, la Chine devient le deuxième pays après les Etats-Unis à mettre en œuvre des vols expérimentaux de ces planeurs conçus pour voler à haute vitesse dans les hautes sphères de l’atmosphère terrestre pour atteindre des cibles à n’importe quel endroit de la planète. Les Etats-Unis ne sont pas en reste en matière de vols hypersoniques, auxquels ils ont consacré 200 millions de dollars en 2013. Dans le cadre de son projet de «frappe mondiale rapide», le Pentagone teste ainsi le HTV-2, conçu pour voler à Mach 22 (27 000 km/h). Il teste également plusieurs autres démonstrateurs, dont le X-51, capable de voler à Mach 6 (7300 km/h) ou encore une bombe volante baptisée «Arme hypersonique avancée» (AHW). (Le Temps, 16 janvier 2014)

La « menace » iranienne s’éloigne.

14 Juillet 2015, Vienne. Après 12 ans de négociations accord « historique » sur le nucléaire iranien. La « menace iranienne » tombe ou est au moins retardée de 15 ans. La construction du bouclier antimissile se poursuit.

Mais le bouclier se met en place

Mai 2016 L’Otan inaugure en Roumanie un premier site de missiles antimissiles. La Pologne lance les travaux d’un deuxième site. Ce système est complété par des radars postés en Turquie et au Royaume-Uni ainsi que par quatre navires de guerre américains équipés de missiles antimissile dont le port d’attache se trouve en Espagne. Les Pays-Bas et le Danemark développent de leur côté des frégates équipées de radars reliés à ce dispositif. Son centre de commandement, enfin, se trouve en Allemagne.

La course aux armements repart de plus belle

Juillet 2016 Le Parlement britannique a voté l’utilisation d’une enveloppe de 35 milliards d’euros pour renouveler tout l’équipement nucléaire britannique, ses sous marins et leurs missiles  « Trident ».

Septembre 2016  Les Etats-Unis se préparent à investir massivement dans le renouvellement de leurs armes nucléaires pour les prochaines décennies. Malgré le coût astronomique de ces efforts - dépassant le millier de milliards, selon certaines estimations - les Etats-Unis prévoient ainsi de renouveler leurs 400 missiles intercontinentaux Minuteman III.

Ils prévoient aussi de se doter d’un nouveau missile de croisière à long rayon d’action, de nouveaux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins, et de moderniser leurs bombes nucléaires B-61.

« Nous commençons maintenant à corriger des décennies de sous-investissement dans la dissuasion nucléaire », a indiqué le secrétaire à la Défense Ashton Carter (« 20 minutes » Septembre 2016).

Septembre 2016 : 6 milliards d’€ pour la bombe française en 2030 ! C’est ce qua annoncé à Paris Laurent Collet-Billon, délégué général pour l’armement, en présence du ministère de la Défense dont il dépend, à l’université d’été de la défense. Par rapport au budget actuel cela représente une augmentation de 67%.

Octobre 2016 : Présentation de  Satan II, le plus gros missile intercontinental nucléaire hypersonique conçu à ce jour. Capable de vitrifier une surface grande comme le Texas ou la France, il a réussi  son premier test complet et devrait entrer en service dans l’armée russe à la fin 2018. C’est la réponse du Kremlin aux efforts américains pour créer un bouclier antimissile en Europe et son programme «Prompt Global Strike», destiné à détruire en moins d’une heure tous les sites de lancement d’armes nucléaires. (Le Temps 28 octobre 2016)

Décidément la sortie du film « La Bombe et Nous » s’impose.